02 octobre 2011

Retour aux affaires

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Tremblez, gueux, numérotez vos abattis, ladres et manants, le Tyran est de retour!

Alors que la vodka et les jours heureux coulaient sans modération sur Ma nouvelle vie de dictateur à la retraite, le besoin de reprendre de l'exercice se fit sentir. En Mon nouveau bunker lorrain la vie était belle et offrait tout ce qu'un Tyran libéré de ses obligations est en droit d'attendre. Je sarclai la terre ingrate pour faire pousser la nouvelle espèce de cannabis radioactif dont Je comptais vendre le brevet au plus offrant, non par vénalité puisque la considérable fortune amassée pendant Mon règne m'assure une confortable rente pour Mes vieux jours, mais pour le simple plaisir de nuire et de se défoncer la gueule bien comme il faut. J'apprenais le chinois, non par crainte de devoir collaborer avec les nouveaux maîtres du monde, mais parce que pour Mon pot de retraite, Hu Jintao m'avait fait livrer quinze étudiantes toutes plus girondes les unes que les autres mais dont aucune ne maîtrisait notre idiome, et les notices d'utilisation chinoises, vous savez ce que c'est puisque votre insignifiance vous oblige à vous fournir en électroménager bas de gamme du pays qui ne s'appelle pas l'Empire du Milieu pour rien.

J'avais affranchi Toufik le maléfique de son joug pour la qualité des services rendus tout au long de ces glorieuses années de dictature, j'avais déporté Vieux Schnock et Vieille Pompine dans un mouroir, pardon, une maison de retraite locale, et le destin de mes anciens collègues m'importait aussi peu que la poussière qui s'amoncelait sur ma gégène à énergie solaire. Mais la Tyrannie, c'est comme les tournées de Johnny Halliday: on se dit toujours que c'est fini, c'est la dernière, et la conscience professionnelle vous rattrape par la manche et vous dit "Hey bonhomme, tu peux pas t'envoler en pleine gloire et laisser des amateurs cochonner ton héritage". Après avoir fait torturer la conscience professionnelle pour lui apprendre à Me parler si familièrement, J'étais dans le doute. Même Mon chat Bénito me poussait à décrocher Mon uniforme de Tyran Lumière de ce Monde, tant la viande d'étudiante chinoise qui a passé les vingt ans lui paraissaît fade.

Puis dernièrement, alors que Je débitais un chêne millénaire pour me fabriquer un ukulélé, quelqu'un vint frapper à Mon huis. Le résonnement familier des bagues en or sur Ma porte m'évoqua vaguement quelque chose et me fît hésiter à lâcher les tigres pour dévorer l'importun. Mais la jeep garée hâtivement sous Ma fenêtre ne laissait pas de place au doute, c'était bien Mon ami Muammar Kadhafi! Après les salamalecs d'usage, il me conta ses déboires et me supplia de revenir aux affaires pour que notre collègue français cesse de pratiquer notre Art à la petite semaine (mais faut-il attendre quelque chose de grand de sa part?), et ne continue à ruiner le fonds de commerce.

Et bien qu'il en soit ainsi. Il ne sera pas dit que le Tyran se dérobe aux obligations de sa corporation. Maintenant Muammar, tu reprends ta tente, tu coupes le son de l'autoradio de ta jeep made in France et tu te trouves un pays avant que je te blietzkriques le groin à coups de rateau. Le Tyran est de retour.

 

Posté par le_tyran à 11:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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