27 novembre 2012

Vlad, Je veux rompre

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(Les jours heureux: Vlad et Moi rackettant des enfants le jour d'Halloween)

 

Depuis que l'hydre socialiste aux griffes rougies par le sang des aristocrates avait pris le pouvoir en France, J'avais provisoirement élu domicile en Russie, dans une modeste chaumière sibérienne que Mon très estimé collègue Vlad Poutine avait mise à Ma disposition. Là, au creux de la vallée de l'Ob, j'observais avec satisfaction les ouvriers du pétrole se noircir les poumons sans rechigner. J'en profitais parfois pour dénoncer un miséreux qui se laissait aller à la paresse, ou je passais en impromptu un coup de téléphone aux autorités locales pour balancer une vieille peau qui volait un quignon de pain rassis pour nourrir sa carcasse chétive au lieu de travailler elle aussi. De temps en temps, quand J'étais d'humeur joyeuse, Je guidais un va-nu-pieds vers Ma tanière et le faisait légèrement torturer pour ne pas perdre la main. De plus, Je n'avais que quelques kilomètres à faire pour Me procurer un opium de première bourre, car J'aime toujours autant jouer du ukulélé en étant complètement raide. De même, quoique Mon immense fortune M'autoriserait à glander sans relâche, Je tyrannisais en free-lance, donnant ici un conseil pour un coup d'Etat, ici un coup de main pour une rafle, histoire de ne pas laisser les amateurs qui arrivent au pouvoir ça et là en faire un usage impropre de Notre Art.

Las, vint un temps où la délation et les sévices me lassèrent quelque peu. Plus les jours se suivaient, plus on se gelait le génitoire et les gonades (qui sont pourtant de dimensions respectables et d'une ardeur constante) et plus Je trouvais que Vlad se laissait aller. Oserais-Je le dire, il commençait à se relacher. L'Homme en qui J'avais placé tant d'espoir pour l'avenir de Notre noble corporation, celui avec qui j'avais éclusé tant de bouteilles de vodka, celui à qui J'étais liée par une virile et indéfectible amitié basée sur un sens de l'humour tout personnel et une commune détestation de la piétaille qui réclame sans cesse des droits dont ils ne sauraient que faire sinon se transformer en bêtes sauvages, obèses et incultes, celui là-même qui créchait au Kremlin était en train de se ramollir. J'avais beau lui faire des tartes au polonium, lui passer de faux appels en imitant Boris Eltsine, ou faire enlever de jeunes beautés slaves pour leur faire tatouer son visage sur un sein et le mien sur un autre, et les faire courser par une milice comme de vulgaires Femen, rien n'y faisait. Vlad était froid, indifférent et cruel. Je crois qu'il ne m'aimait plus. 

Le coeur déchiré, Je regagnais Mes pénates sur le Tyrannoblog, bien décidé à redevenir le champion de l'autocratie. Poutine M'avait abandonné, et Je n'étais plus amoureux que de Moi-même. Pendant des jours, J'envoyais des hommes lancer des roquettes sur Israël pour semer le trouble, et au fond du desespoir, J'ai envoyé une ONG abréger les souffrances des blessés de l'opposition syrienne, juste pour énerver Vlad. Pour se venger, ce дчрок invita Sarkozy à sa table, et lui offrit le collier de dents d'opposants que J'avais demandé pour mon anniversaire. Ce fut la goutte de poison qui fit déborder le vase.

Incontinent, je me rappellai que j'avais envoyé Vieille Pompine dans ma clinique tyrannobloguienne pour se faire faire la tête de Liliane Bettencourt. Avec toute la peau que les chirurgiens ont tirée, on a même réussi à lui faire un sac Louis Vuitton. Ainsi grimée, J'avais déjà réussi à la faire passer pour la vraie momie qui dirige L'Oréal, pour prouver à Sarkozy, quand il était encore président, qu'il ne savait pas truquer une élection aussi bien que Vlad et Moi. Vieille Pompine fut ressortie du placard et envoyée illico en Suisse pour de nouveaux virements louches qui finiront bien par arriver dans le bureau d'un juge. Vieux Schnock quand à lui, fut envoyé à Nice. Il n'était pas besoin de lui rabotter le groin puisqu'il suffit d'être vieux pour passer inaperçu dans les Alpes-Maritimes. On ne lui confia pour seule mission que de vérifier si l'UMP est vraiment aussi bête qu'on le dit dans le milieu, et le résultat a dépassé Mes espérances.

Malheureusement, il y a une conséquence inattendue. Si l'UMP et le minuscule dictateur de pacotille qui lui sert de guide venaient à disparaître, la France prendrait le risque d'avoir une dictatrice femelle. Et ça c'est parfaitement intolérable.

Alors, méfie-toi, Mon Vladounet. Si j'apprends que tu te refuses à Moi pour une aventure avec ce misérable homoncule, Je prendrai le pouvoir en France, et tu sais comme Je déteste ce pays de larves dociles (c'est le pus chiant pour un Tyran: les gens râlent tout le temps, mais ils acceptent tout sans regimber). Et j'enverrai tous les chanteurs qui léchaient les talonettes de Sarkozy chanter en Sibérie, et peut-être même le grand démon Jean-Jacques Goldman. Et ce sera la révolution. Et tu reviendras Me supplier de t'aider à mater les gueux.

До свидания, goujat!

Posté par le_tyran à 01:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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